Jeudi 15 mai 2008
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Textes choisis et présentés par Pierre Boismorand. Cerf. 25 euros.
"Le préfét : Dans quelques jours nos services viendront recenser les juifs résidant au Chambon
Pasteur Trocmé : Nous ignorons ce que c'est qu'un juif.Nous ne connaissons que des hommes."
Ce livre relate l'histoire du couple Trocmé dont les faits de gloire les plus connus sont leur action d'aide et de sauvetage de Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale au Chambon sur Lignon et
sur tout le plateau Vivarais Lignon. A travers les textes qu'ils ont laissés on suit leur parcours. Si leur action durant la guerre est de loin ce qui est le plus connu,on sait moins que le pasteur
Trocmé était mal vu par sa hiérarchie, qu'il avait été envoyé en Haute Loire par "brimade", qu'avant la Seconde Guerre mondiale il exerçait son ministère dans le nord de la France (Sin le Noble),
qu'il était membre avec sa femme du MIR (mouvement international pour la réconciliation), qu'à ce titre dès la fin de la guerre il sillonne l'Allemagne ( son témoignage sur les états d'âme des
allemands après guerre c'est passionnant, en effet les allemands pensent que les Anglais les font mourrir à petit feu en les affamant, et certains vont même jusqu'à dire qu'au moins durant la
guerre les Juifs étaient tués rapidement...), les Etats Unis,... Est raconté également le voyage de Magda en Inde. Bien avant la guerre André Trocmé était un pacificiste convaincu, à une
époque où c'était très mal vu d'être objecteur de conscience même au sein de l'Eglise réformée de France (ERF).
Je ne me rappelais pas que le pasteur avait été arrêté durant la guerre et avait passé plusieurs mois dans un camp vers Limoges avec le pasteur Theis et Roger Darcissac... Son arrestation à
Perrache à Lyon est haute en couleur.
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Lundi 11 février 2008
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20:05
C'est l'histoire d'une ville de Russie, à 5000 km de Moscou, qui devient en 1934 Région autonome juive (RAJ), La RAJ est une réponse au
problème du peuplement de cette zone quasi désertique et au "problème juif". La langue officielle y est le yiddish. Par contre il n'est pas autorisé de pratquer la religion juive : pas de
synagogue, ... Le projet du Birobidjan est un échec, la populaiton juive n'a jamais représenté plus de 10 % de la population totale de la région. Livre instructif. Un peu court.
Dans le cadre de la Comédie du livre 2008 à Montpellier nous organisons une expo sur la Russie sur le stand des BU de Montpellier, j'ai pris en charge le panneau sur le Birobidjan. Voilà mon
court texte (qui ne devait pas dépasser les 1600 caractères), il y avait un certain nombre d'anecdotes que je n'ai pas pu caser dans le panneau.
Birobidjan : un territoire juif en Russie
Une des villes traversées par le Transsibérien est
Birobidjan, capitale de la Région autonome juive (RAJ), fondée en 1934 par le gouvernement soviétique et dont la langue dominante est le yiddish.
Cette création résulte d’une volonté de développer et de
peupler cette région, d’être un contrepoint au sionisme (mouvement pour la constitution d’un Etat juif en Palestine) et à terme d’assimiler les Juifs de Russie. L’immigration des Juifs y est
favorisée, ainsi que leur reconversion dans l’agriculture. Malgré des débuts difficiles dans une région désertique où la terre est impropre à la
culture, l’entité connaît un développement économique et culturel à travers le yiddish. Cependant le yiddish à lui seul ne permet pas de sauvegarder une identité culturelle juive, la pratique de la religion étant interdite.
De 1934 à nos jours, le projet Birobidjan connaît
alternativement :
-des périodes d’échec, de répression, de suspicion à
l’égard des Juifs (les purges de Staline dans les années 30, de 1948 à 1953), où l’incitation à l’immigration est stoppée, où la vie culturelle juive est mise à mal.
-des périodes de renouveau où l’enseignement du yiddish reprend et où la vie culturelle juive est favorisée (après la Seconde Guerre Mondiale, dans les années 80 avec la
perestroïka, avec la chute de l’URSS en 1991), ainsi que des périodes de flux vers cette région grâce à la propagande et à des aides de l’Etat soviétique et des périodes de reflux au vu de
l’inhospitalité des lieux .
Cependant la région n’a pu empêcher les départs vers Israël
dès 1991.La population juive représente aujourd’hui moins de 5% de la RAJ.
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Jeudi 17 janvier 2008
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18:11
Le soldat inconnu vivant est un soldat retrouvé en 1918, vers Lyon, amnésique. On ne comprend pas très bien son nom. Il est placé dans un asile (Aveyron il me semble). Bref durant de nombreuses
années un médecin dévoué va tenter de le rendre à sa famille, va recevoir les nombreuses familles qui prétendent qu'il est leur fils, va faire passer des tests à ce soldat pour essayer de savoir de
quelle région il vient (il a des notions d'anglais par exemple, et ne comprends pas un certain nombre de langues régionales). J Y L e Naour revient en détail sur le contexte de la Grande
Guerre avec ses 300 000 disparus. Le soldat inconnu vivant n'a pas été le seul amnésique de la guerre mais il a été celui pour lequel on a le plus de mal à dire qui il était et à le rendre à sa
famille. L'historie s'étend sur toute l'entre deux guerre et se clot par un procès. En effet quelques familles réclament mordicus ce soldat, l'ayant reconnu. Le livre nous montre
le "desespoir" de certaines familles qui, ayant un memebre de leur famille disparu à la guerre, se raccrochent au moindre espoir. Le deuil est plus difficile à faire quand aucun
corps n'est retrouvé. Ce livre est une plongée dans la Première Guerre mondiale, on réalise vraiment la souffrance des familles.
Le soldat avait bien un père et un frère dans la région Centre. On le fera revenir dans son village d'origine. Si je me rappelle bien cette affaire a duré tant d'années que son père est décédé
avant qu'il ait pu récupérer son fils chez lui. Quant au soldat inconnu vivant il va mourir au début de la Seconde Guerre Mondiale dans son asile. C'est à lire !
Jean Yves Le Naour : historien, spécialiste de la Première Guerre mondiale.
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Mardi 15 janvier 2008
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19:13
J Y Le Naour est un spécialiste de la Première Guerre Mondiale. Dans Meutre au Figaro
il revient sur une affaire qui s'est déroulée en 1914 : la femme de Joseph Caillaux (homme politique radical) tue le directeur du Figaro dans son bureau car son mari était l'objet d'une campagne
calomnieuse de la part de ce fameux directeur, qui menaçait de révéler au public des lettres de Caillaux à sa femme (alors qu'elle n'était encore que sa maîtresse). Pour une grande bourgeoise comme
Henriette Caillaux qui se devait de briller en société et d'être irréprochable ,vous imaginez la honte ! J Y Le Naour revient sur le contexte de l'époque, explique en détail le procès. N'etait ce
qu'un crime sous le coup d'une forte émotion, une sorte de folie, ou bien un procès politique? La gauche pense pour la prmière version, la droite la deuxième. L'avantage des livres de Le Naour
c'est qu'il explique très bien, on ne s'ennuie pas. Personnellement j'y reste accrochée jusqu'au bout. (le plus fameux étant le soldat inconnu
vivant, ensuite le corbeau , sur un fait divers à Tulle de lettres anonymes déposées dans la rue, jardins etc ; et enfin Claire Ferchaud : la jeanne d'Arc de la Premère guerre mondiale.
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